LE
VOLET ECONOMIQUE ET FINANCIER
Le
libre-échange et les accords de partenariat :
La coopération dans les domaines économique et financier
vise à créer une zone euro-méditerranéenne de libre-échange
à la faveur des accords bilatéraux de partenariat conclus
entre l'Union Européenne et les Etats partenaires. La Tunisie
est le premier pays partenaire à avoir conclu un accord
de partenariat avec l'Union Européenne, entré en vigueur
depuis 1998.
La
coopération financière :
le programme MEDA est le plus important mécanisme euro-méditerranéen
de coopération financière. Ce mécanisme finance un grand
nombre de projets et programmes bilatéraux et régionaux
qui visent à appuyer les réformes économiques, à promouvoir
le rendement du secteur privé et à consolider l'équilibre
social.
Au début des années 1990, la Tunisie a proposé à son partenaire
européen de créer une institution financière pour impulser
le développement dans les pays maghrébins. La Commission
Européenne a appuyé cette proposition, notamment à l'occasion
de la réunion ministérielle euro-méditerranéenne de Valence,
en avril 2002, sous la présidence de l'Espagne. La conférence
a adopté le principe de la création d'une nouvelle institution
financière qui aura la charge, dans une première étape,
d'octroyer des facilités d'investissements dans les domaines
de l'infrastructure et du secteur privé, par le biais de
la Banque Européenne d'Investissement (BEI), avant de se
transformer, dans une étape ultérieure, en une banque euro-méditerranéenne.
La
coopération régionale :
La coopération régionale entre les deux rives de la Méditerranée
englobe tous les domaines économiques et financiers considérés
comme étant d'une importance majeure par la déclaration
de Barcelone : industrie, environnement, commerce, transport,
société de l'information et autres. La Tunisie a formulé
de multiples propositions dans ces domaines à l'effet de
promouvoir le rôle du secteur privé et de favoriser la mise
au point de mécanismes et de réseaux de coopération entre
les institutions et structures concernées dans les différents
pays : chambre de commerce, chambres économiques, agences
de promotion de l'industrie, agences de promotion de l'investissement,
institutions ou organismes à vocation écologique, sanitaire
ou touristique…
La Tunisie a participé à toutes les réunions, aux niveaux
ministériel et des experts. Elle a aussi organisé à Tunis
plusieurs rencontres et forums sur l'énergie, l'investissement,
la protection de l'environnement, la recherche scientifique
et technologique. Plusieurs projets ont été en outre proposés.
Ils sont actuellement à l'étude et seront financés par l'Union
Européenne. Récemment, un projet euro-méditerranéen dans
le domaine du transport a été adopté. La Tunisie a été choisie
pour accueillir le bureau devant assurer le suivi de l'exécution
de ce programme.
Bon nombre d'analystes et de chercheurs, particulièrement
parmi les européens, estiment que la Tunisie est un modèle
en matière de coopération économique et financière avec
l'Union Européenne. Non seulement parce qu'elle est le premier
pays à avoir conclu un accord avec l'Union, mais surtout
grâce aux importantes réformes économiques qu'elle a engagées
et au caractère global de ces réformes qui ont touché tous
les secteurs et tous les volets, sans distinction aucune,
et sans que ces réformes soient réalisées aux dépens de
l'aspect social ou humain.
De manière générale, la Tunisie considère que la coopération
économique avec l'Europe devrait aboutir à réduire les disparités
économiques entre les deux rives de la Méditerranée et que
cette coopération doit être fondée sur les principes du
partenariat et du développement solidaire et durable, contrairement
au concept traditionnel de coopération qui reposait sur
l'aide financière apportée par la communauté européenne
aux pays du Sud.
Pour atteindre ces objectifs, la Tunisie propose à son partenaire
européen de :
- Renforcer la coopération régionale et notamment
la coopération Sud-Sud
- Promouvoir le volume des investissements européens dans
la région, particulièrement dans les secteurs porteurs
- Augmenter le volume des échanges commerciaux entre le
Nord et le Sud.
- Révision de certains critères et dispositions en vigueur
en matière de sélection et de financement des projets, de
manière à permettre aux Etats partenaires de tirer le meilleur
profit du programme MEDA