LE RECYCLAGE
DE LA DETTE DES PAYS EN DEVELOPPEMENT
Une initiative tunisienne pour réduire le fossé
entre le Nord et le Sud
Les initiatives de la Tunisie dans le domaine humanitaire
et en matière de relations internationales ne se
limitent pas aux aspects politiques. Elles englobent aussi
les dimensions économiques et sociales.
L'appel du Président Zine El Abidine Ben Ali en faveur
de la création d'un Fonds Mondial de Solidarité
et l'adoption de ce projet par l'Assemblée Générale
des Nations Unies représentent, peut être,
le couronnement des initiatives à caractère
économique et social lancées par le Président
Ben Ali.
Toutefois,
les approches du Président de la République
ne se contentent pas de chercher des solutions aux problèmes
en suspens. Elles proposent aussi des solutions pratiques
et concrètes à bon nombre de problématiques
qui obsèdent les Etats et en particulier les pays
en développement.
Parmi
ces problématiques figure la question de la dette
qui, dans certains pays, a atteint des volumes aussi importants
que les pays en question sont désormais dans l'incapacité
totale et absolue de rembourser leurs dettes dans les délais
fixés.
Compte
des graves répercussions économiques et sociales
de ce problème et de son impact sur les équilibres
des pays surendettés, le Président Zine El
Abidine Ben Ali a pris l'initiative d'appeler au recyclage
de la dette des pays en développement afin de préserver
les intérêts de toutes les parties et d'éviter
à tous des complications imprévésibles.
Cette initiative repose sur l'idée de recycler la
dette des pays en développement et d'exploiter les
ressources provenant de ce recyclage dans le financement
de projets sur lesquels s'accorderont toutes les parties,
sur la base de règles et de critères précis.
Plusieurs
Etats ont salué cette initiative d'avant-garde lancée
par le Président Ben Ali du haut de la tribune du
parlement européen à Strasbourg, en 1993.
L'initiative
a été lancée en Europe, eu égard
à la position économique de ce continent et
à l'importance de son rôle dans les échanges
avec les pays africains et asiatiques qui sont les plus
touchés par le phénomène de la dette.
Les
efforts de la Tunisie visant à promouvoir cette initiative
ont été particulièrement intenses lors
du premier sommet Europe-Afrique qui s'est tenu au Caire
en 2000 et auquel ont participé plus de 67 pays africains
et européens. La participation du Président
Ben Ali à ce sommet a été très
remarquée, les problèmes de l'allègement
de la dette et de la lutte contre la pauvreté et
l'exclusion dans le continent africain ayant été
au cur de tous les débats qui ont eu lieu à
l'occasion de ce sommet.
La
justesse et la pertinence de l'approche tunisienne dans
ce domaine se sont, illustrées à travers les
décisions et mesures d'urgence annoncées par
bon nombre de pays européens à l'issue de
ce sommet. C'est ainsi que l'Allemagne a décidé
d'effacer 350 millions de dollars de dettes bilatérales,
décision qui a profité à 30 pays parmi
les plus pauvres de la planète.
Par
ailleurs, la Tunisie a pris aussi l'initiative d'organiser
une conférence internationale, avec le concours de
la Banque Mondiale et du Programme des Nations Unies pour
le Développement (PNUD) sur " la dette extérieure
et le développement économique ".
Au
cours de cette conférence à laquelle ont participé
des représentants de 24 pays africains, l'accent
a été mis, surtout, sur le rôle de la
dette extérieure, dans les pays pauvres, dans l'accentuation
des phénomènes de la pauvreté, de la
misère et de l'exclusion. La conférence a
appelé à l'allègement du fardeau de
la dette à travers le renforcement de la solidarité
internationale et la mise en place de mécanismes
appropriés tels que le recyclage de la dette, le
Fonds Mondial de Solidarité et autres, à vocation
économique et humanitaire.